Trottinettes électriques : pourquoi sont-elles nocives pour l’environnement ?

En moyenne, une trottinette électrique partagée ne dépasse pas deux ans d’utilisation, alors que sa fabrication et son transport mobilisent d’importantes ressources. L’empreinte carbone d’un seul trajet peut dépasser celle d’un déplacement équivalent en vélo ou en transport en commun.

Le recyclage de leurs batteries lithium-ion reste marginal et complexe, ce qui aggrave la pression sur l’extraction minière et la gestion des déchets. Malgré l’image de mobilité propre, les coûts cachés pour l’environnement s’accumulent à chaque étape de leur cycle de vie.

Trottinettes électriques : un mode de transport vraiment écologique ?

Les trottinettes électriques ont déferlé sur Paris et les grandes villes, auréolées de la promesse d’une mobilité enfin douce. Pourtant, l’envers du décor ne brille pas autant. Dès qu’on regarde l’ensemble du cycle de vie d’une trottinette partagée, on découvre une réalité bien plus lourde : fabrication énergivore, assemblage, acheminement depuis l’Asie, puis collecte nocturne pour leur recharge. Rien n’est anodin, tout s’additionne. Même les opérateurs l’admettent : la durée de vie de ces engins dépasse rarement deux ans, et parfois c’est bien moins, surtout dans les rues de Paris. Résultat : chaque engin pèse de plus en plus lourd dans le bilan environnemental global.

Les analyses de cycle de vie publiées récemment ne laissent guère planer de doute. Un kilomètre en trottinette partagée génère, en moyenne, plus d’émissions de CO₂ qu’un trajet équivalent en vélo, voire même qu’un bus électrique bien rempli. C’est la batterie lithium-ion, véritable cœur de ces engins, qui concentre l’essentiel des impacts, autant à la production qu’au moment du recyclage, encore très imparfait.

Pour l’utilisateur, la trottinette électrique s’impose comme une solution rapide, pratique. Mais cette facilité a un coût caché, loin d’être négligeable. La plupart du temps, ces trajets remplacent la marche, le vélo ou les transports en commun, et non la voiture. Alors, le pari d’un mode de transport pour l’environnement s’effrite, surtout dans une ville dense comme Paris, où chaque choix de mobilité finit par compter.

Ce que l’on sait sur leur impact environnemental, de la fabrication à la fin de vie

La trottinette électrique, icône de la mobilité urbaine express, concentre de nombreux paradoxes environnementaux. Dès la sortie d’usine, le cycle de vie démarre fort : extraction de matières premières, assemblage, transport intercontinental. Fabriquer une batterie lithium-ion pèse lourd dans l’empreinte carbone globale. Les modèles actuellement loués à Paris peinent à durer : la durée de vie des trottinettes partagées dépasse rarement 24 mois, souvent bien moins sous l’effet du vandalisme et de l’utilisation intensive.

Les analyses de cycle de vie réalisées par l’ADEME mettent en lumière des chiffres frappants : chaque kilomètre parcouru sur ces engins génère entre 60 et 75 grammes de CO₂. À titre de comparaison, un vélo classique plafonne à 10 g/km, tandis qu’un bus électrique chargé descend sous les 20 g/km. En cause, la logistique de recharge : chaque nuit, des utilitaires quadrillent la ville pour collecter et repositionner les trottinettes, ce qui alourdit encore le bilan environnemental des trottinettes électriques.

La fin de vie n’allège pas la note. Le recyclage des batteries lithium-ion reste un casse-tête, encore trop peu développé. Une partie des composants finit malheureusement hors des filières de valorisation. Au final, la trottinette électrique, pourtant présentée comme un engin propre, se révèle bien plus polluante qu’annoncé si l’on considère tout son parcours, de l’atelier au rebut.

Quels dangers pour la planète et la sécurité au quotidien ?

Les trottinettes électriques ont envahi les rues, mais cette popularité soulève des questions concrètes pour la planète et la sécurité urbaine. Sur le plan écologique, la multiplication de ces engins de déplacement personnel renforce la pression sur l’espace public. Les opérateurs adeptes du free floating laissent souvent les trottinettes stationner sur les trottoirs, créant des obstacles pour les piétons et les personnes à mobilité réduite. Les batteries usagées, parfois jetées n’importe où, libèrent des substances toxiques et aggravent un bilan environnemental déjà critiqué.

Côté sécurité, les chiffres d’accidents liés aux trottinettes électriques grimpent en flèche dans les grandes villes, Paris en tête. Chutes, collisions avec véhicules ou piétons, non-respect du code de la route : la cohabitation vire parfois à la confrontation. S’y ajoutent les risques d’incendie liés aux batteries lithium-ion, notamment lors de recharges improvisées dans les parties communes ou sur la voie publique.

Voici les principaux problèmes rencontrés au quotidien :

  • Encombrement de l’espace public : entrave à la circulation des piétons, gêne pour les personnes à mobilité réduite.
  • Risques d’accidents : collisions, chutes, blessures sévères pour les usagers comme pour les automobilistes.
  • Incendies liés aux batteries : départs de feu, pollution locale, danger pour les habitants.

La question de la sécurité trottinettes va bien au-delà du port du casque. Elle implique la responsabilité des opérateurs, des collectivités, mais aussi celle de chaque utilisateur, qui doit appliquer le code de la route et adopter une conduite responsable pour limiter les risques et les nuisances.

Homme ramassant des pieces d

Adopter de meilleures pratiques pour limiter les effets nocifs

Allonger la durée de vie des trottinettes électriques, voilà le levier pour alléger leur bilan environnemental. Les opérateurs doivent miser sur des modèles plus robustes, conçus pour résister aux chocs et à la rudesse du free floating. Les utilisateurs ont aussi un rôle : prendre soin de l’engin, c’est retarder l’usure, limiter son remplacement, réduire la pression sur les ressources.

Le recyclage des batteries lithium-ion reste un défi majeur. Mieux vaut choisir une trottinette équipée de batteries amovibles : elles se retirent facilement, ce qui simplifie leur collecte et leur traitement. Certaines villes déploient des zones de recharge sécurisées, pour canaliser les flux, limiter les incidents et faciliter la maintenance.

Utiliser une énergie renouvelable pour la recharge, lorsqu’elle est proposée, permet de réduire l’empreinte carbone globale. Les opérateurs, de leur côté, peuvent agir sur la logistique : moins de camions sur les routes, moins de kilomètres pour la collecte, moins d’émissions. Voici quelques gestes à adopter pour limiter l’impact :

  • Choisissez des trottinettes conçues pour durer et entretenez-les régulièrement.
  • Rapportez les batteries usagées dans des points de recyclage spécialisés.
  • Contactez le service client dès qu’un engin semble endommagé ou dangereux.

Prolonger la vie des trottinettes, réduire les déplacements inutiles pour la collecte et généraliser le recyclage des batteries : c’est là que tout se joue. L’avenir de la mobilité urbaine se dessine chaque jour, à chaque trajet, à chaque choix posé sur le pavé.

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